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Seymour



Vue depuis Seymour


      C’est seuls que l’on va pour la première fois sur Seymour, mais Noël nous a filé des tuyaux pour les plus beaux trails et Chris Makkuch de Norco doit venir nous rejoindre après le boulot pour le dernier run de la journée. Sur Seymour on peut faire des manip de voiture très facilement, nous sommes (encore) sept, on roulera donc à six et l’on descendra la bagnole à tour de rôle. La fatigue s’accumule et chacun prend volontiers son tour pour se reposer un minimum. Sur la fin de séjour la voiture descendra parfois même jusqu’à trois personnes en fin de journée.

Parking sur Seymour

De gros log ride


      Pour descendre de Seymour on peut s’arrêter à différents endroits de la route, mais pour en descendre du haut une seule solution : CBC. Un trail incroyablement entretenu et construit. Très esthétique avec ses longues portions littéralement pavées genre voie romaine, ses longues portions en passerelles, un magnifique log ride d’une centaine de mètres au-dessus d’une rivière, et ses skinnies, ses put…de skinnies ou chacun d’entre nous finira par s’en prendre une. La palme revenant à Fred , qui finira enroulé autour du tronc tel une gymnaste à la poutre et luttant à mort pour ne pas finir la tête dans une marre d’eau croupie qu’une skinny enjambait.



      Sur ce massif les trails s’enchaînent à merveille, rien que sur notre premier run on enchaîne CBC-Corkscrew-Salvation-Pingu-Team Pangor-Slash et Empress. Les trails sont plutôt lents et très techniques avec comme d’habitude dans le North Shore son lot de dalles (très) raides , de drops (facultatifs ou non) et de racines. Il est fréquent sur des dalles très raides de tomber sur une marche d’un mètre, verticale, impossible à enrouler, la seule solution étant de la dropper à 4 Km/h en gérant bien le freinage pour la marche suivante. Des runs davantage dans le domaine du franchissement pur que du ride rapide typé race quoi. Tant mieux, nous c’est ce que l’on aime et c’est ce que nous sommes venus chercher. Visiblement ce n’est pas le cas de tout le monde, on croise ici un groupe de californien en pleine dérive, prenant boîte sur boîte sur les skinnies et faisant bons nombres de passages raides à pieds. Ils s’attendaient à des trails plus smooths, plus faciles. C’est vrai que Seymour est bien rocailleux , probablement le plus des trois. Il n’y a pas épais de terre dans ces Rockies, et sur les trails très fréquentés on arrive rapidement aux cailloux par érosion.

Ju sur une passerelle

Roro facile


       C’est à 17H00 pétantes, pile à l’heure que Chris se pointe pour le dernier run de notre première journée sur Seymour. Sur le haut on repart sur CBC (pas le choix), Corkscrew et juste après on s’enfile Boogieman une des deux double noire du massif avec Empress. Chris est un jeune cadre, dynamique en affaire comme sur son bike, et ça part sur un rythme endiablé. Des dalles enroulées sur CBC lors des runs précédents sont sautées maintenant, on arrive sur les logs ride à des vitesses complètement déraisonnables pour nous peu enclins à poser nos pneus sur des troncs. Mais finalement Chris s’avère être un excellent guide. Le rythme qu’il met sur cette descente nous facilite la tâche et l’on passe finalement encore mieux les obstacles. C’est complètement jubilatoire, c’est notre premier run avec un ‘’local’’ sur ce NorthShore et c’est de loin le meilleur pour le moment. Roulez le NorthShore avec des locaux est vraiment la meilleure façon de le rouler.



      Boogieman est une double noire qui mérite amplement sa cotation, les passages techniques ne font que s’enchaîner, notamment des logs ride à toutes les sauces, log ride avec sortie en drop , log ride bien haut au-dessus de rivière, wall ride , un vrai manège ce trail. Sur une montée en skinny qui donne accès à un tronc, alors que je prends mon temps et m’applique pour ne pas en tomber, Chris me hurle ‘’pedal, pedal, pedal’’ au moment où mes roues quittent la skinny et prennent place sur le tronc. Je vois que la sortie du tronc est kickée, j’applique les consignes à la lettre, relance sur ce foutu tronc pas si large que ça quand il s’agit de prendre de la vitesse et je me jette sur l’appel. Cet appel est en fait celui d’une double dont je serai tout juste dans la réception. Chris explose de rire et nous tape dans les mains. Il n’est pas là pour épater la galerie, mais simplement pour partager un bon run avec nous et son amour pour sa région. La plus belle du monde pour le freeride.Boogieman se termine par un bon gros drop de 3 ou 4 mètres qui s’enchaîne aussitôt avec un gros relevé à gauche et une petite double. Pour terminer on repasse sur Empress et ses passages très, mais alors très raides avant de retourner plus tranquillement à la voiture parEmpress Strikes Back, une verte où l’on déroule gentiment les derniers virages en se refaisant le film de cette descente d’anthologie dans nos têtes. Just a perfect day comme disait Lou Reed.

Chris et Roro ouvrant CBC après travaux

Roro concentré


      Plus tard, nous sommes revenus sur Seymour, avec Adam un descendeur talentueux de chez Cove. Adam nous emmène sur un trail qui n’est pas sur la carte. Ce n’est pas vraiment un secret spot mais il est suffisamment caché pour être peu roulé et donc ultra smooth et recouvert d’humus, le tout en pleine jungle. La forêt alentour est littéralement inextricable, à ce demander comment ils parviennent à tracer des trails là-dedans. Il se prend aprèsTNT et à droite de Dirty Diapers. Encore une magnifique découverte, ce trail est fabuleux, avec de nombreux modules : des doubles par-dessus des troncs couchés, des petits step-up, des drops...



      Ce Trail a évidemment son lot de passages sur dalles raides et techniques (une constante au Canada) avec notamment un passage vraiment hyper raide et impressionnant. C’est simple vu du bas ça paraît impossible de franchir ça avec un bike. Une sorte de falaise avec un palier au milieu. Tout le monde ne tentera pas ce passage, mais cela restera un grand moment pour ceux qui le réussiront ! On entre dans ce cru par une première dalle presque verticale, arrivé sur le palier où la pente se calme sans vraiment s’approcher de l’horizontale, on évite un arbre planté là par un crochet gauche droite pas évident avant de plonger sur la deuxième dalle, encore plus raide et dont le bas est carrément surplombant. Sortie en saut obligatoire sur une micro réception et avec une prise d’élan le cul sur le pneu et les doigts qui broient les freins. Bref encore du bien technique sur Seymour.

Fred

Encore un log ride


      En revanche Adams n’est pas un grand bavard durant les runs et s’avère parfois un peu juste en avertissement sur les passages bien chauds. Il faut rester ultra vigilant dans sa roue car on a vite fait de se faire surprendre par certains drops où l’on se jette comme lui mais dont la hauteur est plus haute que prévue. Heureusement tout se passe bien pour nous. Pour en finir avec Seymour on a posé également nos roues sur des trails comme Ned’s Atomic Dustbin par exemple, où Steve Peat s’entraînait pour la DH. En effet ça va très vite, c’est cassant, mais hormis les Stunts ce n’est pas hyper fun. En tous cas loin d’être le trail le plus intéressant du North Shore, mais bon c’est la preuve qu’il y en a pour tout le monde ici, ils ne sont pas sectaires.


SEYMOUR




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